mercredi 28 août 2013

Note de lecture : L'homme et l'inégalité (Brian Hayden)

S'il a suscité relativement peu de réactions parmi la communauté universitaire, le petit livre de Brian Hayden, L'homme et l'inégalité, a semble-t-il connu un certain succès auprès du grand public. Il faut dire que les ouvrages de vulgarisation sur cette question ne sont pas si nombreux ; celui-ci bénéficie d'une édition de poche, et l'auteur, un archéologue renommé, a fait de son mieux pour proposer un texte simple, évitant le déluge d'informations et de vocabulaire techniques qui rend la littérature spécialisée si hermétique au profane.
S'inscrivant dans la droite ligne du néo-évolutionnisme américain, l'ouvrage reprend à son compte la classification des sociétés en quatre types (généralement : bande / tribu / chefferie / États). Si l'on suit aisément l'auteur lorsqu'il désigne les bandes comme des sociétés égalitaires (avec toutes les réserves nécessaires sur ce terme), on comprend beaucoup moins, en revanche, son insistance à parler, au lieu de tribus, de sociétés transégalitaires. Tous mes efforts pour décrypter l'étymologie du terme sont restés vains, et je n'ai guère été davantage éclairé par la définition donnée page 15 :
Sociétés avec propriété privée des ressources et des productions, rôle moindre du partage et hiérarchies institutionnalisées, basées surtout sur la production économique (mais comprenant aussi des hiérarchies basées sur le rituel, la parenté et le pouvoir politique).
On croit comprendre dans la suite du texte qu'il s'agit plus simplement de sociétés où existent des inégalités matérielles mais dépourvues de classes sociales. La catégorie regrouperait donc en quelque sorte « tribus » et « chefferies ».

lundi 5 août 2013

À propos des Selk'Nam de la Terre de Feu

Le flamant et le vent , deux des
principales incarnations du Shoort
(photo M. Gusinde, 1923)
Les Selk'Nam (ou Ona) étaient une tribu de chasseurs-cueilleurs de la Terre de Feu qui constitue un des cas de domination masculine dans une société par ailleurs parfaitement égalitaire et dont j'ai eu l'occasion de parler dans mon Communisme primitif et dans ma Conversation. 

Ils possédaient notamment une religion à initiation, marquée par une longue cérémonie, le Hain, où les hommes incarnaient différents esprits dont le Shoort, chargé de terroriser les femmes et de réaffirmer leur soumission — selon l'un des interlocuteurs de l'ethnologue Anne Chapman, c'est Shoort qui avait appris aux hommes à battre leurs femmes. Selon leur mythe fondateur, leur société était originellement un matriarcat en décalque inverse de la situation présente : les femmes chassaient, les hommes restaient au foyer pour s'occuper des enfants. Les femmes maintenaient les hommes en sujétion en se déguisant en esprits. Un jour, les hommes s'étaient rendus compte de la supercherie, avaient massacré toutes les femmes à l'exception des toutes petites filles, et avaient pris la place dominante des femmes, décidant de régner sur elles par les mêmes moyens qu'elles avaient utilisé contre eux.

jeudi 1 août 2013

Une superbe carte des aires culturelles de l'Australie

Tout est dans le titre !
Par les auteurs de l'Encyclopaedia of Aboriginal Australia (David Horton ed.).